
Financer le développement durable dans un monde fragmenté ! Tout un défi dans le contexte actuel. C’est la problematique majeure que pose et tente de répondre le Rapport Pays Guinée 2026 de la Banque Africaine de Développement (BAD), officiellement lancé à Conakry sous le thème « Mobiliser les ressources pour accélérer la transformation économique de la Guinée ».
La cérémonie, introduite par le Représentant Pays du Groupe de la BAD, Laté Lawson Zankli, s’est tenue sous la haute autorité de Mme la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget et Gouverneure pays auprès de la BAD, Mariama Ciré Sylla.

Elle a réuni le Ministre du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement, Ismaël Nabé, le Ministre des Infrastructures, Facinet Sylla, le Ministre de l’Énergie, Laye Sékou Camara, le Délégué Général de la Delivery Unit, Mamadou Angelo Diallo, ainsi que des représentants du système des Nations Unies, du FMI, de la Banque Mondiale, de l’AFD et du secteur privé.
Un partenariat qui se chiffre en centaines de millions

Ouvrant la cérémonie, Mr Laté Lawson Zankli a rappelé la solidité du partenariat entre la Guinée et la BAD : « Le lancement du Rapport Pays 2026 symbolise la qualité du dialogue et l’excellence du partenariat stratégique entre la Guinée et la BAD », a-t-il indiqué, précisant que le document se veut avant tout un outil d’aide à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques, en phase avec la vision du Programme Simandou 2040.

La Ministre Sylla a tenu à saluer cet engagement, chiffres à l’appui : le portefeuille actif de la BAD en Guinée compte aujourd’hui 23 opérations pour plus de 557 millions de dollars, couvrant l’énergie, les transports, l’agriculture et la gouvernance financière — des secteurs qui pèsent directement sur le quotidien des Guinéens.

Une croissance soutenue, portée par les mines et les efforts de mobilisation des ressources domestiques
« La Guinée entre dans une phase d’accélération inédite », a affirmé la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget. Après une croissance estimée à 6,9 % en 2025, le pays vise désormais plus de 9 % en 2026 et 2027, portée par la montée en puissance du projet minier Simandou.
Cette dynamique économique s’appuie, selon elle, sur des bases politiques désormais consolidées : le retour à l’ordre constitutionnel s’est achevé avec l’élection présidentielle de décembre 2025, l’investiture du Président Mamadi Doumbouya en janvier 2026, puis les élections législatives et communales de mai 2026.

Mme la Ministre Mariama Ciré Sylla a également mis en avant les signaux de confiance des partenaires internationaux : les notations pays, l’accord technique avec le FMI en prélude à un programme au titre de la Facilité Élargie de Crédit, et l’approbation par le Conseil d’Administration de la BAD d’un accord de plus de 3 milliards de dollars en faveur de la Guinée.
L’amélioration dans la mobilisation des ressources domestiques : le vrai nerf de la guerre


Au regard des grands défis et enjeux en matière de gouvernance économique et financière, Mme la Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget est persuadée que les financements extérieurs ne suffiront pas à eux seuls : « Les ressources extérieures sont précieuses, mais elles ne suffisent pas à elles seules, surtout dans le contexte mondial fragmenté. Notre stratégie de financement repose aussi, et peut-être surtout, sur le renforcement durable de la mobilisation des ressources domestiques », a-t-elle affirmée, citant deux leviers prioritaires : l’élargissement de l’assiette fiscale et l’intégration des systèmes de gestion des finances publiques.
Les grands axes et enseignements du rapport Pays 2026

Présenté par l’Économiste Pays de la BAD, Mme Viviane Laure Mamno Wafo, le rapport dresse un diagnostic lucide : la croissance guinéenne reste dominée par le cycle minier, tandis que la transformation structurelle de l’économie progresse encore lentement, avec une base de financement étroite et vulnérable aux chocs.

Le document identifie plusieurs leviers à fort impact pour changer la donne :
- Élargir l’assiette fiscale et intégrer les systèmes de gestion des finances publiques ;
- Approfondir le système financier national pour mieux mobiliser l’épargne et le financement à long terme ;
- Valoriser le capital naturel et mobiliser les financements climatiques et les ressources de la diaspora ;
- Consolider la gouvernance financière, freinée aujourd’hui par la fragmentation institutionnelle et les insuffisances de contrôle.


Le rapport pointe également l’urgence énergétique et infrastructurelle comme frein à la compétitivité du pays, ainsi que la nécessité d’optimiser la qualité de la dépense publique, « chaque franc investi au service du pays et des populations ».
Un outil de pilotage, pas un simple diagnostic
Saluant la qualité du travail réalisé, la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a été claire sur les attentes du Gouvernement : « Ce rapport ne doit pas rester un simple diagnostic. Il doit devenir un outil d’aide à la décision et de pilotage concret de l’action publique les mois et années à venir, conformément à la vision du Chef de l’État, le Président Mamadi Doumbouya, sous la coordination du Premier Ministre Amadou Oury Bah. »

Membres du Gouvernement, responsables de la BAD et partenaires techniques et financiers présents ont unanimement salué la qualité du rapport et acté la mise en œuvre de ses recommandations, dans la perspective d’une croissance inclusive et diversifiée portée par le Programme Simandou 2040.

Le Rapport Pays Guinée 2026 est extrait des Perspectives Économiques de l’Afrique 2026, publication phare du Groupe de la Banque Africaine de Développement.

Service Communication, Relations Publiques MEFB.
















